
Gaëlle Jumelais vit et travaille en Bretagne, France.
La question du lieu et de son déplacement est au cœur de sa pratique artistique.
Ses collages, dessins ou peintures, renvoient le plus souvent à des dispositifs sériels qui interrogent la relation
entre le continu et le discontinu.
Elle travaille à partir de matériaux simples, papiers colorés ou menus objets, trouvailles ou évidences du quotidien ; matériaux
qu'elle collecte patiemment.Sa recherche plastique est marquée par l’utilisation du fragment et de la couleur ;
le fragment comme une condition de l’œuvre à venir, comme une possibilité d’éclat, d’invention, d’unité.
Peintures, collages, dessins
Peintures noires (1995)
Collages (1998)
La tribu prophétique (2002)
Les Pays (2005)
Combats ordinaires du rouge et du vert (2008)
Les sombres (2009)
Collages pour Haïti – L’appel aux étoiles (2010)
La conférence des oiseaux (le Simorgh) (2013)
Les tombées du jour (2016)
Les fleurs de Baluden (2021)
Berceuses (2023)
Dessins pour Le Chant de Guillevic (en cours, 2025-2026)
Expositions
À4
Maison Bergevin, Avranches
Les Pays
Les Rendez-vous du Bois Chevalier, Rencontres culturelles, Château du Bois Chevalier, Legé
La tribu prophétique, Les pays, La conférence des oiseaux
Librairie L’Odyssée, Vallet
Les Pays, La conférence des oiseaux, Combats du rouge et du vert, Les sombres (au port)
Bibliothèque, Le Landreau
Le Simorgh (La conférence des oiseaux), Les tombées du jour, Les fleurs de Baluden, Les Berceuses
Librairie Les Villes Invisibles, Clisson
Livres
Le livre Les Pays est paru aux Éditions Esdée, collection esdée-artis. Il est disponible sur le site esdee.fr
Le coffret léger comprend le livre et un leporello, il existe également en version collector.
Le livre (en deux parties, Les Pays et le Simorgh) comprend trois textes :
-
Notes d'atelier de Gaëlle Jumelais
-
Mémoire, poème de Bruno Doucey
-
Infinies profondeurs d'André Scherb
Évènements / Salons
Premier Salon du livre-objet et des éditeurs d'art
Meung-sur-Loire, mai 2026
Textes
Notes d'atelier de Gaëlle Jumelais (extraits)
lieux et déplacements
Il connaissait certains des mots qu’il entendait, mais jamais il ne les avait entendus tressés tous ensemble
Le Mahabharata
Le bonheur de l’espace, c’est le creux du paysage où je me perds, la métaphore de l’absence qui est en moi
Vinçent Bioulès
les questions qui traversent ma pratique sont celles du continu et du discontinu
- fragments, franchissements, voyages -
du matériau
- le déjà-là, la trouvaille et sa résonance -
de la mémoire et du lieu
le lieu, le déplacement, le passage
le voyage, la découverte, l’errance
le détour, l’obstacle, le franchissement
habiter la maison intérieure (la transporter partout avec soi)
ce serait quoi, faire un art à hauteur d’homme ?
s’adresser à l’intime de chacun pour lui redonner sa pleine dimension d’être
s’occuper de son propre scintillement pour, peut-être, l’étinceler à l’autre
matériaux et collection
papiers usagés, colorés, traces de vie
petite quête mémorielle
travailler sur les évidences du quotidien,
trouver l’évidence, dedans vide et dense
parfois danse
collecte simple, mettre en avant ce que je crois profondément :
la possibilité de l’art, de la transformation
de l’acte créateur possible en chacun de nous
alors oui, être délibérément du côté de Robert Filliou :
« l’art, c’est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art »
hybridation
les collages me disent toujours quelque chose
parfois le hasard
souvent une attention particulière du regard
retrouver la continuité, la juste place du fragment
celle qui peut rendre l’idée plus vivante
formes et couleurs vivantes en l’idée
dualité qui cherche son équilibre
petits matériaux simples que sont les fragments de papiers colorés
c’est souvent celle-ci, la matérialité, qui surgit, scintille
pour renouveler et nourrir quand le travail n’avance plus
rebonds du hasard et des rencontres
non pas sur une table de dissection
mais sur un plan où s’opère
une forme d’unité, d’assemblage
c’est cela que j’ai toujours cherché dans la contemplation de la peinture
lorsque le disparate - formes, couleurs, touches, contrastes violents - me touche soudain en plein cœur
par sa pleine unité, son juste équilibre
fragments
En ayant un demi centimètre de quelque chose, vous avez plus de chance de tenir un certain sentiment de l’univers que si vous avez la prétention
de faire le ciel tout entier.
Alberto Giacometti
cette possibilité merveilleuse du fragment
la possibilité du fragment et son éclat
la récolte précieuse
pratique de la quête
sidération devant cette photographie de Opal Whiteley œuvrant à la reconstitution de son journal
choisissant entre mille fragments déchirés
morceaux de papier retrouvés
et classés dans de grandes boîtes rectangulaires
jeune femme au labeur de la reconstitution du précieux de l’enfance
minuscule
L'imagination vaut mieux que cela. En fait, l'imagination miniaturante est une imagination naturelle.
Elle apparaît à tout âge dans la rêverie des rêveurs nés.
Gaston Bachelard, La poétique de l'espace
ce qui est petit est gentil
oui mais alors pas toujours
le collage du fragment oblige à un geste rapide
il assemble des détails
il oblige à être précis, parfois tranchant
le collage est aussi malléable, périssable, éphémère
fascinée par l'épaisseur d'un papier déchiré
qui devient frange à bords multiples
ou ravie par la légèreté de ce fragment et sa couleur diaphane
j'invente des appariements de petits bouts menacés par l'oubli
ostinato
ostinato n.m (mot it.) MUS.
Motif mélodique ou rythmique répété obstinément, généralement à la basse d’une œuvre